Enfin traduit voici le livre qui parle des relations occitano-catalanes  pendant la 2ème guerre mondiale avec le rôle des passeurs de messages dans le réseau franco-américain WIWI et le réseau Belge JEAN.

la Batalla del Pirineu
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Samedi 21 avril a 19h a la Casa Gassia de l'Ecomuseu de les Valls d'Aneu a Esterri, présentation du livre: la batalla del pirineu, en présence des auteurs et des descendants des agents de renseignement du réseau Jean et du réseau WI-WI

 

LE RESEAU WI-WI (OSS)

UN RESEAU DE RENSEIGNEMENTS FRANCO-AMERICAIN (1943-1944) FORCEMENT TRANSFRONTALIER.

 

Origines du réseau.

            Le réseau Wi-Wi, réseau de renseignements franco-américain dépendant de l'Office of Strategic Services (O.S.S.), a eu pour animateurs principaux des ariégeois. Le secteur terminal du réseau se situait en Couserans, dans la Haute Vallée du Salat.

            A l'origine de tout, nous trouvons le fondateur et chef du réseau, Jean Marie Morère, "Mor", "Pierre Vidal", né en 1896 à Soueix (Ariège), ancien combattant de 1914-1918, rescapé miraculeusement de l'expédition des Dardanelles, entré dans la police de Marseille le 1er Mai 1921. Son attitude hostile au gouvernement de Vichy et aux allemands lui vaut des ennuis répétés. Le 28 Mars 1943, l'intendant de police de Marseille le convoque et le menace d'internement en France ou en Allemagne. Morère démissionne de la police et décide de rejoindre les Forces Françaises Libres en passant par l'Espagne. Il rejoint Soueix et part pour l'Espagne le 14 Avril en compagnie de son fils aîné et de deux jeunes gardiens de la paix de Marseille. Après un court internement à Lérida, il arrive à Madrid le 26 Avril. Il est aussitôt contacté par les Services de Renseignements américains qui veulent établir un réseau de renseignements et surtout une filière de passage permettant la transmission vers Madrid du "matériel collecté" ou pour faire passer en sens inverse les questionnaires de recherches des américains. Morère connaît énormément de monde un peu partout. Il est l'homme rêvé. Il accepte, suit un stage intensif de formation et d'entraînement, repasse la frontière.

            Le 2 Juin, le voilà à Soueix; le 6 Juin, il est de retour à Marseille. Présenté à des agents de renseignements militaires et civils qui travaillent déjà sur Marseille, il constitue l'équipe de la "centrale de renseignements". Parmi eux des employés des Messageries Maritimes, des policiers, un inspecteur des finances de la Préfecture des Bouches-du-Rhône, un restaurateur...

            Le 16 Juin 1943, Morère repart de Marseille avec le premier courrier qui est remis, deux jours après, à la frontière, au passeur espagnol. Voilà la filière du Couserans mise en place. Morère constitue, aussitôt une seconde filière par Perpignan, détruite en Janvier 1944 par la gestapo qui arrête le responsable du secteur, Barcelo lequel est pendu.

 

La structure de réseau.

 

            Le réseau est ainsi constitué: Le Poste de Commandement (P.C.) du réseau est installé chez Thérèse Mouzon, voisine de Morère, à Marseille. Morère, chef du réseau, a le grade de capitaine. Il a pour adjoints des policiers, des militaires, des fonctionnaires de la Préfecture... Parmi eux, Jean-Marie et André Piquemal, policiers originaires d'Aleu (Ariège), Barthélémy Dégeilh "Jean Bart", restaurateur, natif de Parès, commune de Soulan (Ariège).

            Le convoyage du courrier de Marseille à Saint-Girons est effectué par Thérèse Mouzon puis par Dégeilh. L'hébergement des convoyeurs, à Saint-Girons, est confié à la famille Carrère, originaire de Soueix. Félicien Carrère, lieutenant de gendarmerie, a démissionné, refusant de servir plus longtemps le régime de Vichy. Il est en liaison avec l'Armée Secrète (A.S.) et avec l'Organisation de Résistance de l'Armée (O.R.A.). Son fils, Marcel Carrère, lycéen, est secrétaire du réseau; il est chargé de miniaturiser les renseignements reçus pour faciliter leur camouflage en vue du franchissement de la frontière. Le convoyage sur le tronçon Saint-Girons -Soueix avec passage des contrôles allemands à l'entrée de la zone réservée, est effectué par Marcel Carrère, Barthélémy Gabarre, électricien à Saint-Girons ou par Jacinto Bengoecha, chauffeur d'autobus de l'entreprise Itté, sur le trajet Saint-Girons-Couflens. Au-delà de Soueix ou de Couflens jusqu'à la frontière, le courrier est porté par le jeune passeur Roger Rieu de Capvert (commune de Couflens). Le relais est pris, ensuite, par le guide espagnol Manuel Vidal. Il vient chercher les documents dans la petite grange de Bonabé, sur la crête frontière, généralement de nuit, et passe entre les cols de Salau et d'Aula (ou Portanech d'Auranèra). Manuel Vidal, originaire du village catalan d'Isil, transmet le courrier au consulat américain de Barcelone. Le réseau bénéficie de nombreuses complicités, notamment celles du maire de Soueix, Jean-Pierre Cours et de l'instituteur Antonin Malbert.

 

Heurs et malheurs du réseau.

 

            Le réseau connaît des coups durs: le 13 Septembre 1943, à Marseille, Morère échappe de justesse à l'arrestation. La Gestapo met la main sur six membres importants de la "centrale"; Thérèse Mouzon, Henri Garoutte, Robert Giacomini, Alfred Néri, Charles Jeannolin-Curial et Joseph Paul. Ils sont déportés, Morère se réfugie à Forcalquier (Basses-Alpes) chez son ami Paul Sinibaldi. De là, il continue à assumer la direction du réseau. André Piquemal, resté à Marseille, devient sous-chef du réseau et responsable du secteur marseillais. Son père Jean-Marie Piquemal fait la liaison Marseille-Forcalquier et assume le convoyage du courrier jusqu'à Saint-Girons. Il est bientôt remplacé par son beau-frère Barthélémy Dégeilh. En Novembre 1943, pour plus de sécurité, Morère s'installe en montagne, dans le village de Lure, chez Albert Capus, gendre de Sinibaldi. En Janvier 1944, Morère apprend la destruction de la filière de Perpignan et la mort de Barcelo. La filière du Couserans reste la seule. En Février 1944, Morère, désireux de se rapprocher de la tête de ligne, quitte Lure, regagne l'Ariège et installe son P.C. chez Dégeilh, à Parès (commune de Soulan). Comme par la passé, le courrier passe tous les dix ou douze jours. En Mai 1944, Madrid donne à Morère l'ordre de rejoindre l'Espagne. Le 13 et 14 Juin, il repasse les Pyrénées en compagnie du secrétaire du réseau Marcel Carrère, mais interné jusqu'au début d'Août, il revient à Marseille, via l'Algérie et la Corse, le 2 Septembre, trop tard pour participer au débarquement.

 

Le tableau de chasse du réseau Wi-Wi.

 

            Le réseau possédait une trentaine de membres et des centaines d'informateurs volontaires ou involontaires. Son champ d'action comprenait la côte méditerranéenne de Cerbère à Menton mais s'étendait, aussi vers l'intérieur, notamment jusqu'à Toulouse et Montauban. Les renseignements transmis aux services américains ont été de grande qualité et certains ont permis de modifier sensiblement le rapport des forces militaires dans la guerre en Méditerranée. Voici quelques exemples:

            - les plans de défense antiaérienne de Marseille, principalement au Frioul sur l'île de Ratonneau,

            - les plans de la base sous-marine du Cap Janet (Marseille),

            - des informations sur le renflouement des navires sabordés à Toulon,

            - des renseignements sur les défenses à la frontière italienne,

            - des renseignements sur les trains blindés stationnés à Callade-les- Aiguilles, dans la banlieue de Marseille,

            - les plans et états des fortifications de défense de Marseille,

            - les plans des dépôts d'essence et de munitions dans la forêt de Montech, près de Montauban, et dans la gare de Saint Jory au nord de Toulouse,

            - les plans des installations industrielles, dans la grotte de Bédeilhac, près de Tarascon-sur-Ariège, édifiées avec les restes des usines d'aviation Dewoitine à Toulouse.

 

            Toutefois, si le réseau Wi-Wi mérite de passer à la postérité, c'est pour deux dossiers exceptionnels; celui des avions torpilleurs et celui des mines. Ecoutons le témoignage de Marcel Carrère.

"Un des agents de "Mor", à Marseille, localise un jour un lieutenant aviateur français qui, parce qu'il a un grand besoin d'argent, travaille pour les Allemands sur la base de Salon de Provence. Il vient ensuite dépenser son argent dans diverses "boîtes" de la grande cité. L'agent met plusieurs jours pour se lier avec l'aviateur et lorsqu'enfin il sent qu'un semblant de camaraderie existe, il passe à l'action: il promet de lui payer un bon prix pour tout renseignement qu'il pourrait lui fournir sur Salon.

Notre homme est tout de suite intéressé:

            - Qu'est-ce que vous désirez connaître?

            -"Mais ... Tout ce qui peut avoir de l'importance: effectifs des troupes, emplacements et nature des défenses, nombre et modèles des avions etc ..."

L'aviateur réfléchit un moment, puis:

            - "Vous pourriez me fournir un appareil photo de bonne qualité et de format réduit ... pour pouvoir le dissimuler facilement ?"

            - Ca peut se trouver .. pourquoi?"

            - "Je fais le pilote d'essai et je vole donc très haut et aussi très bas. Je pourrais photographier les divers points de la Base et vous "renseigner" ensuite les photos".

            - "Effectivement, c'est une bonne idée !"

            - "Euh! ... les avions torpilleurs, ça vous intéresse?"

           

            L'agent de "Mor" en est abasourdi! les avions torpilleurs, mais on les cherche sur toute la côte depuis des semaines. Tous les services sont en chasse: Français, Anglais et Américains.

            L'appareil photo est vite trouvé. Une semaine plus tard la pellicule est au développement et, dans un café, en tête à tête, l'aviateur précise à l'agent de "Mor":

 

            - "Dans ces bâtiments il y a de la troupe .. environ 300 à 400 hommes. Dans ce hangar vous n'avez rien, par contre celui-ci abrite des appareils de chasse Fockewulf.

            Là ce sont des emplacements de Flak (canons antiaériens) et puis ici, au bout du terrain, dans le petit bois, ces taches, ce sont six plans inclinés au bas desquels attendent bien abrités de tous éclats, les six avions torpilleurs dont je vous ai parlé..."

 

On fait cette fois un courrier supplémentaire car le renseignement est d'importance: au bout de 24 heures les photos renseignées sont chez Félicien Carrère à Saint-Girons, 24 heures plus tard, elles ont franchi les Pyrénées et roulent vers Madrid; 2 heures après leur réception le message est adressé à Alger et un courrier spécial gagne l'Afrique du Nord par la voie des airs.

            Opération immédiate. Une escadre de bombardement franchit la Méditerranée et en quelques minutes réduit en cendres la Flak, les Fockewulf et les avions torpilleurs qui depuis des mois sont la terreur de la Royal Navy en Méditerranée! Enfin, 150 à 200 Fridolins ont été tués avant d'avoir pu rejoindre leurs emplacements de combat."

            "A quelque temps de là, un autre renseignement va être qualifié de très important. Il est fourni au réseau par un autre officier français, un capitaine de la Marine Nationale qui travaille à la Kriegsmarine mais ... pas pour l'argent. A la différence du lieutenant aviateur, il s'est mis au service de l'ennemi pour mieux le combattre, pour lui causer le plus de tort possible. Un courrier apporte donc à Félicien Carrère, un beau jour, le plan complet des champs de mines que les Allemands ont mouillés le long de la côte, de la frontière italienne à Marseille. C'est là un renseignement de la plus haute importance qui permettra dans la nuit du 15 Août 1944, aux troupes de débarquement d'atteindre les plages et les criques sans dommages."

 

            Voilà, donc, ce que fut l'action du réseau de renseignements Wi-Wi. Le réseau et sa chaîne d'évasion "Mor" par le Couserans était rattaché à l'Office of Strategic Services (O.S.S.), services secrets de l'armée américaine. Dirigé par des ariégeois, il a été un des réseaux les plus importants et les plus efficaces? Seule ombre au tableau: les six agents marseillais du réseau arrêtés et déportés en Allemagne et un agent, inspecteur des finances à la Préfecture des Bouches-du-Rhône, exécuté par erreur par le résistance à la Libération.


 

CHRONOLOGIE DU RESEAU WI-WI

 

28 Mars 1943:      Jean-Marie Morère, gardien de la paix, à Marseille, est menacé d'internement par le préfet de police de Marseille.

12 Avril 1943:      Morère, son fils aîné et deux gardiens de la paix quittent Marseille pour l'Ariège.

14 Avril 1943:      Morère pére et fils et les deux gardiens marseillais quittent Soueix (hameau d'Escarrère) pour l'Espagne. Le passage se fait par le Mont Valier.

27 Avril 1943:      Arrivée de Morère à Madrid.

29 Avril 1943:      Morère est contacté par les Services de Renseignements de la France libre (giraudistes?).

Vers le 1er mai 1943: Morère est contacté par les Services de Renseignements Américains (O.S.S.). Création du réseau Wi-Wi. Morère (pseudonyme "Mor") devient chef du réseau.

29 Mai - 2 Juin 1943: Morère repasse les Pyrénées par le port d'Aurenère, guidé par Manuel Vidal.

2 Juin - 5 Juin 1943: Séjour de Morère chez Jean-Pierre Cours, maire de Soueix (Ariège).

6 Juin 1943: Retour de Morère à Marseille. Le P.C. du réseau est installé chez Morère (29 Allées du Printemps, Bois Luzy, Marseille). Le secrétariat du réseau est chez Thérèse Mouzon ("Madame Andrée")(8 Allées des Primevères, Bois Luzy, Marseille) qui est sous-chef du réseau.

16 Juin 1943: Morère quitte Marseille pour Saint-Girons, transportant le premier courrier pour Madrid.

17 Juin - 18 Juin 1943: Arrivée de Morère à Saint-Girons. Il contacte le chauffeur de car Jacinto Bengoescha. Il porte le courrier jusqu'à la frontière et le confie à Manuel Vidal qui transmet le courrier de Madrid destiné à Marseille.

18 Juin 1943: Le P.C. de la filière du Couserans est installé à Saint-Girons chez Félicien Carrère.

Juin 1943: Création d'une seconde filière par Perpignan. Elle est dirigée par Barcelo.

Juillet 1943: Transmission à Madrid du dossier des bases aériennes allemandes d'Istres et de Salon d'où partent les avions torpilleurs qui bombardent la flotte alliée en Méditerranée.

Septembre 1943: Transmission des plans de la base sous-marine du Cap Janet à Marseille.

13 Septembre 1943: Marseille: Coup de filet de la gestapo contre le réseau Wi-WI. Arrestation manquée de Morère. Arrestation de Thérèse Mouzon, Henri Garoutte, Robert Giacomini, Alfred Néri, Charles Jeannolin-Curial, Joseph Paul. Ils sont déportés. Morère devient "Pierre Vidal" et confie la direction du secteur de Marseille à André Piquemal, nommé sous-chef du réseau.

17 Septembre 1943:      Morère s'installe à Forcalquier (campagne Pavoux) chez Paul. La liaison entre Forcalquier, Marseille et Saint-Girons est faite par Jean-Marie Piquemal (le père) remplaçant de Mme Mouzon. Félicien Carrère devient le chef de la chaîne de passage. Le passage du courrier est fait par Jacinto Bengoechea et Marcel Carrère jusqu'à Oust ou Couflens; par Roger Rieu, de Couflens à la frontière; par Manuel Vidal de la frontière jusqu'à Madrid.

Novembre 1943: Morère quitte Forcalquier et installe son P.C. à Lure, chez Alfred Capus, gendre de Paul Sinibaldi.

Janvier 1944: Jean-Marie Piquemal, chargé de la liaison avec Saint-Girons est remplacé par son beau-frère Barthélémy Dégeilh, de Parès (commune de Soulan, Ariège).

Janvier 1944: La filière de Perpignan est détruite par la gestapo. Son responsable Barcelo est pendu.

Février 1944: Morère quitte Lure et s'installe en Ariège, à Parès chez Dégeilh.

15 Mai (ou 22) 1944: Morère reçoit de Madrid l'ordre de rejoindre l'Espagne.

1er Juin 1944: Morère s'installe chez lui au Plech (commune d'Oust, Ariège), pour préparer son départ.

12 Juin 1944: Morère et Marcel Carrère, secrétaire du réseau, quittent Oust guidés par Roger Rieu puis par Manuel Vidal. Félicien Carrère, depuis Saint-Girons ou depuis Soueix (hameau d'Escarrère) devient chef du réseau Wi-Wi assisté d'André Piquemal, sous-chef du réseau, à Marseille.

14 Juin 1944: Morère et Marcel Carrère "Jacques Dumas" arrivent à Isil (Espagne).

21 Juin 1944: Arrivée à Barcelone. Peu après Morère est interné par les Espagnols à Molinar de Carranza(Bilbao).

6 Août 1944: Morère est libéré.

2 Septembre 1944: Arrivée à Casablanca.

22 septembre 1944: Après un passage par Alger et la Corse, Morère revient dans Marseille libérée.

 

                                                                       Claude DELPLA

 

 

 

MESSAGERS DE LA LIBERTE

 

Le 11 juillet dernier au bas du port de Salau, tout près de la Borda Petit, un rassemblement a été organisé dans le cadre du chemin de la liberté, pour rendre hommage à deux messagers de la liberté ; Roger Rieu Jacqueli et Manuel Vidal petit. Ce fût une cérémonie émouvante. Les familles (celles qui avaient pu se réunir) étaient présentes et ont fait connaissance quelques cinquante ans plus tard et beaucoup de chaleur et d’amitiés sont passés. Un texte a été rédigé et lu par Marcel Carrère un des survivants du réseau WI-WI. Le même texte, traduit en anglais a été lu par Scott Goodall pour les participants américains, hollandais, anglais.

Chers amis, Mesdames et Messieurs,

 

Poursuivant son action de Mémoire, dans le cadre d’une franche amitié transfrontalière, l’Association “ Chemin de la Liberté ” a souhaité marquer d’un nouveau jalon l’itinéraire des Passeurs et des Evadés des années 1942 à 1944.

Grâce à la bienveillante compréhension et à l’efficace et amical soutien du Consell Comarcal, comme des municipalités d’Esterri et Valencia d’Aneu, ce jalon se trouve implanté en territoire catalan (espagnol).

Pourquoi ce choix ? Simplement parce que cette modeste stèle veut honorer la mémoire de deux courageux montagnards, l’un du Couserans, l’autre du Pallars Sobira, l’un français, l’autre espagnol, qui remplirent dans cette vallée et en parfaite union, la pénible et dangereuse mission qu’ils avaient volontairement choisie. Ils étaient tous deux “ agents de liaison ” du réseau de renseignement franco-américain Wi-Wi dépendant de l’OSS (Office des Services stratégiques).

En 1943 et 1944, ils acheminèrent de Soueix à Barcelone de précieuses informations destinées au Quartier Général allié à Alger et, en sens inverse, les questionnaires et ordres de recherche émis par Alger à l’intention des agents du réseau opérant dans le Sud de la France et sur la côte de Méditerranées, de Perpignan à la frontière italienne.

Eté comme hiver, ils accomplirent, avec succès et sans la moindre défaillance, leur travail, dans un secteur particulièrement soumis à la surveillance ennemie, puisqu’il s’agissait de la fameuse “ Pyrenäen Sperrzone ” (zone interdite pyrénéenne) instaurée par les allemands tout le long de la frontière franco-espagnole.

Quand ils avaient pu convenir d’un rendez-vous précis, c’était au Pourtanech d’Aourenère qu’ils échangeaient leurs courriers, dans les autres cas, l’opération avait lieu dans la “ Borda del Petit ” sur la rive droite de la Noguera, où ils pouvaient en outre se restaurer et se reposer avant de reprendre leurs routes réciproques.

Souvenons-nous donc de :

Rieu Roger de Capvert en Couserans et de Vidal Manuel d’Isil, dans le Pallars Sobira, qui contribuèrent vaillamment à la victoire de la liberté sur l’oppression.

                                                 Marcel Carrère 11/07/99           Borda del Petit